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Black Excellence


En Amérique, le mois de février est consacré à l'histoire des noirs. En effet, c'est une période pour acclamer les noirs et leurs apports dans notre société, mais aussi nous pouvons l'utiliser pour sensibiliser les personnes aux injustices que subit ce peuple. Pour cela, parlons du mouvement Black Lives Matter, ce mouvement à été fondé le 13 juillet 2005 par Opal Tometi, Alicia Garza et Patrisse Cullors afin de protester contre la violence et le racisme systémique envers les personnes afro-américain. Ce mouvement a pris de l'ampleur en 2012 avec le #blacklivesmatter après la mort du jeune Trayvon Martin à la suite d'un coup de feu. De nos jours, tout le monde peut faire partie de ce mouvement peu importe sa couleur de peau.


Il existe également la Black Girl Magic, c'est un concept popularisé en 2013 par Cashawn Thompson qui célèbre la beauté, le pouvoir et l’intelligence de la femme noire.


Ce ne sont que deux mouvements parmi tant d'autres. Un autre mouvement qui existe également et qui est trend sur les réseaux sociaux, à cause de son hashtag, c'est le Black Excellence. Selon Urban dictionnary, Black Excellence désigne une personne noire qui possède de belles qualités et qui rend la communauté noire fière. C'est pour cela qu'à Laïus nous voulons souligner ce mois en vous présentant des personnes d'excellences que nous croisons à tous les jours ici même à Montréal.

SAMUEL LAGUERRE


Comme premier pionnier de la communauté noire montréalaise, je vous propose de découvrir Samuel Laguerre. D'origine Haïtienne, il a créé une entreprise de produits alimentaires antillais en l'honneur de sa mère. Après un parcours atypique, il est aujourd'hui gestionnaire des communautés entrepreneuriales à Futurpreneur, une organisation qui a pour but d'accompagner les jeunes entreprises. C'est dans le cadre de ce poste que je l'ai rencontré pour une première fois. Aujourd'hui, il est fier de pouvoir inspirer des jeunes entrepreneurs d'origine ethnique variée en leur démontrant que la réussite est à leur portée, même si l'on fait partie d'une minorité visible. Il dénote, de plus en plus, l'agrandissement de la communauté noire dans le milieu entrepreneurial.

Pour lui, le mouvement Black Excellence aide non seulement à reconnaître les "excellences" de la communauté, mais aussi à transformer la manière de pensée des gens. C'est démontrer aux enfants positifs tous les modèles sur lesquels ils peuvent s'inspirer et que ce n'est pas exceptionnel dans le sens où tous peuvent l'atteindre. Finalement, point qu'on ne peut ne pas mentionner, c'est la réappropriation de l'image de la communauté PAR la communauté.


Il est fier de sa communauté, majoritairement dans les petites choses de la vie. Il est fier de l'histoire de sa communauté, d'où elle est rendue et comment, ensemble, elle continue de se développer. L'exemple des mouvements sociaux qui sont fait par le communauté et pour la communauté est, selon lui, quelque chose "qui fait du bien". Il est maintenant plus facile de démontrer des réalités vécues et de sensibiliser plus de personnes. Il mentionne qu'il est toujours mieux d'agir dans l'action et non la réaction.


Un des points qu'il aimerait qu'on apporte plus d'attention, c'est de reconnaître les différences qu'il y a intrinsèquement dans la communauté, mais d'être tout de même en mesure de s'unir ensemble. Le second serait de ne pas laisser de côté une partie de son identité lors de situation. Il dénonce le fait qu'il remarque souvent des gens qui essaient plus de se fondre dans la masse, en délaissant leurs origines, notamment sur le marché du travail. Ce à quoi il répond en laissant toujours transparaître son originalité dans les différentes sphères de sa vie.


Fervent croyant des mouvements par soi-même et pour soi-même, il met en lumière deux hommes qui pour lui méritent d'être plus connu et qui méritent d'être des modèles pour la communauté. Il mentionne Pharaoh Hamid Freeman, le fondateur de l'OFC à Montréal et Tony Elumelu, qui a créé une fondation (TEF) pour permettre aux entrepreneurs africains de mettre sur pied leurs projets. Je vous laisse les découvrir plus en détails.


Pharaoh Hamid Freeman Tony Elumelu

LOUISE JOSÉE DORVIL


Ensuite, je vous présente Louise Josée Dorvil. Elle est présentement en sciences humaines profil Justice et Société au Collège de Maisonneuve.


Le mouvement Black Excellence, pour Louise Josée, ne veut pas nécessairement dire une personne qui a toujours du succès. C'est plutôt une personne noire qui met de l'effort dans ce qu'elle fait et qui montre que sa couleur de peau ne va pas l'empêcher de réaliser son rêve. C'est une personne qui ne se laissera pas abattre dû au fait qu'elle a une couleur de peau plus foncée qui, supposément, l'éloigne de la ligne d'arrivée, mais qui va plutôt faire tout les efforts nécessaire pour arriver au but. Ce n'est pas le résultat, mais plutôt le parcours de cette personne qui compte.


Cette jeune femme est fière de ses origines. Selon elle, si elle n'est pas fière de sa communauté ou de toutes les actions qu'elle entreprend, qui le sera pour elle? Elle dit : « Pour que les autres personnes puissent apprécier ce que ta communauté fait, tes origines ou tes exploits, il faut commencer par en être fière toi-même, à les apprécier toi-même. »



Par contre, elle trouve qu'un des problèmes concernant la communauté noire est la surreprésentation des afro-descendants dans le milieu carcéral. Ils sont plus propices à aller en prison parce que le système est bâti pour ça. La forte concentration des communautés noires se retrouvent dans les milieux les plus défavorisés. La plupart, pour survivre, doivent prendre tous les moyens à leur dispositions. Souvent, ces moyens sont illégaux et dès qu'ils entrent, ils commencent un cercle vicieux qui est très difficile de s'en sortir. C'est un problème auquel le gouvernement devrait s'y pencher dessus. Le Canada est moins touché par ce phénomène, mais il n'en reste pas moins que c'est une nécessité très actuelle.


Pour elle, le mouvement "Pro-Black" est un mouvement qui valorise la culture et la communauté noire. Ce mouvement permet au gens de montrer ou de défendre la communauté. Être Pro-Black c'est aussi montrer sa fierté en tant que noir.


Enfin, elle fait un shout-out à tout le monde puisqu'elle trouve que peu importe ce qu'une personne fait de bien, elle mérite un shout-out. Ainsi, elle dit : « Shout-out to all my people out there, I believe you can do it and that you will do it, on the gang. »


NAIKA BENJAMIN


Pour poursuivre, je vous donne la chance d'en savoir plus sur Naika Benjamin. D'origine haïtienne, elle est née à Montréal, plus précisément à Rivières-des-Prairies. Âgée maintenant de 21 ans, elle se gradua en 2018 du Collège de Maisonneuve en soins infirmiers. Cependant, elle aspire à beaucoup plus dans l'avenir, entre autre, à pousser ses études plus loin et faire de l'aide humanitaire.


Pour cette jeune femme, le terme Black Excellence «représente les atouts et les qualités qui permettent à la communauté noire de se distinguer des autres » et cela, à travers plusieurs dimensions que ce soit sur le plan culturelle, physique et même la manière de penser.


De plus, elle exprime sentir un sentiment de fierté envers sa communauté à tout les jours ! Une fierté envers ces ancêtres qui se sont battus dans la révolution haïtienne, devenant ainsi la première république noire libre du monde, mais aussi une fierté ressentie même dans les gestes simples tel que mangé de la soupe joumou. Elle ressent, également, ce sentiment de plusieurs façons lorsqu'elle voit qu'encore aujourd'hui des gens continuent à mettre de l'avant leurs droits, leur culture et leur histoire.


Naika Benjamin se retrouve à gauche.


Cependant, Naika est tout de même capable de parler des problématiques qu'il existe au sein de la communauté noire. Des problématiques et dilemmes qui d'après elle sont teintés par des années d'inégalités et d'esclavage. Une d'entres elles est la tendance à vouloir s'approcher des traits eurocentriques qui aujourd'hui peuvent être vus par des membres de la communauté comme des idéaux de beauté. Elle explique ce phénomène par les moyens utilisés par les oppresseurs d'avant pour les garder en contrôle. Toutefois, il est important de se rappeler que la communauté noire dans son ensemble à fait partie des plus grandes révolutions de ce monde !


Ces révolutions ne sont pas chose du passé puisque les mouvements pro-black qui se sont développés dans les dernières décennies continuent de rebâtir l'estime de la communauté. Elle souligne néanmoins que ces mouvements doivent être plus que de simples modes. En effet, ils doivent aider à éduquer les gens sur les différentes cultures et histoires dans la communauté noire, des histoires qui aujourd'hui encore ne sont pas assez connues qui ont été beaucoup trop longtemps cachées ou modifier par les oppresseurs. Ainsi, en éduquant, les idées préconçues à propos de cette communauté riche en culture disparaitront.


En cette occasion, Naika voulait aussi ajouter des mots d'encouragements pour tout ceux dans la communauté noire « qui n'ont pas baissé la tête ! À ceux qui ont combattu pour nous dans le passé et encore aujourd'hui. À tous ceux qui nous donnent une voix! ». En plus de cela, elle souligne que la fierté noire n'est pas seulement un mois, mais une célébration pour la vie que chacun et chacune devrait profiter au maximum !



Chantal Isidore


Et maintenant, place à Chantal Isidore, elle est une enseignante de l’école secondaire Jean-Grou depuis plusieurs années et elle possède toujours cette passion d’enseigner. Son parcours, elle a fait deux baccalauréats et une maîtrise. Un bac en psychosociologie, le deuxième en éducation et la maîtrise en philosophe (éthique).


Sa définition de la Black excellence, pour elle, c’est de montrer que les noirs ne sont pas n’importe qui. Que l’on peut faire de grandes choses ! Que le travail que les noirs font, qu’ils soient reconnus pour ça. Voilà sa définition du Black excellence. Elle trouve qu’elle fait parti de la Black Excellence (comme bien d’entre nous), car elle apporte beaucoup pour les jeunes, pour la société noire d’ici et pour les autres sociétés aussi. Ne voulant pas se mettre dans une boîte en tant que femme noire, qu’elle n’apporte que pour les noirs, mais qu’elle apporte pour les jeunes en général.


Elle est fière, même, très fière d’être haïtienne, fière de le montrer et fière d’en parler. C’est cette fierté qu’elle tente de transmettre aux jeunes, car elle trouve que certains de ces jeunes n’ont pas cette fierté vis-à-vis leur origine, car ils ne la connaissent pas. Pour y remédier, elle trouve qu’avoir des classes extracurriculaires afin de leur apprendre sur leur origine pour qu’ils puissent l’apprécier et en être fière.


Pour elle, le problème dans la communauté noire c’est le manque de soutien. La communauté devrait plus communiquer entre elle. Il y a un manque de solidarité terrible au lieu de se parler de s’entraider pour aller de l’avant, nous nous piquons dans le dos, dit-elle.


Par rapport au mouvement Pro black, c’est une bonne chose tant qu’il n’y a pas de violence, déclare-t-elle. Elle donne comme exemple, le mouvement Nappily, qui prône les cheveux naturels des femmes et filles noires. Elle trouve que ce mouvement est intéressant car elle met en valeur la communauté noire et elle n’est pas propice a un dérapage violent.


Pour le shout out, Mme Isidore veut mettre en lumière toutes les personnes qui sont là pour les jeunes, qui les encouragent et qui les soutiennent. Tous les adultes qui sont pour l’égalité et la fierté des noirs. Elle n’a pas de nom en particulier, mais à tous ceux et toutes celles qui participent dans la communauté.


Durant tout le mois de février, vous avez sûrement vu des photos de personnes qui représentaient la communauté noire et à qui on rendaient honneur. Aujourd'hui, on vous a présenter quatre belles personnes que vous connaissez peut-être. Ce sont tous des pionniers dans leur communauté d'une manière ou d'une autre. Comme l'on dit chacun d'entres eux, chaque membre de la communauté noire peut ressentir une fierté de faire partie de cette dernière. C'est pour cela, chers lecteurs et lectrices, que vous faisiez partie de cette communauté ou non, je vous encourage a vous renseigner sur cette dernière, à apprendre sur leur histoire, sur leur culture, sur leurs différences également. D'une culture à une autre, nous sommes tous semblables et différents et nous méritons d'être connus et écoutés. Je termine en vous invitant à écouter sur Netflix, le spécial d'humour, mais très informatif, du comédien Kevin Hart qui se nomme Kevin Hart's Guide to Black History.





AUTRES RESSOURCES


  • Article de Radio Canada concernant une émeute à l'Université de Guy-Concordia actuellement en lien avec des tensions raciales. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1151821/universite-george-williams-emeute-concordia-histoire-archives

  • Article du Journal de Québec sur l'esclavage des noires au Québec à l'époque de Samuel de Champlain en collaboration avec Aly Ndiaye, mieux connu sous le nom de Webster. https://www.journaldequebec.com/2017/09/28/video-histoire-101-de-lesclavage-au-quebec-avec-webster

  • Site internet de Webster où on peut retrouver des documents historiques également. http://www.qchistoryxtours.ca/le-guide.html


L'équipe de Laïus tient a remercier la participation de tous les interviewés qui ont participé à cet article et qui nous ont permis de partager leurs photos également.

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