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L'appropriation culturelle: un concept mal nommé.

Choisi, mais « stay woke ». 1


L'appropriation culturelle est un débat qui depuis quelques années met le feu dans les différentes communautés du monde. Que l'on soit pour ou contre, ce débat nous pousse à réfléchir sur la culture. J'ai décidé de partager mes opinions sur le sujet afin de recevoir les vôtres.

Ma position par rapport au débat


À la suite de la lecture du débat sur la gravité de l’appropriation culturelle de Vanessa Udy et Stéphane Vibert, comme madame Vanessa Udy, je suis d’accord que l’appropriation culturelle est grave, mais d’abord, définissons l’appropriation culturelle. L’appropriation culturelle, selon l’Office québécois de la langue française, consiste à « utilisation, par une personne ou un groupe de personnes, d’éléments culturels appartenant à une autre culture, généralement minoritaire, d’une manière qui est jugée offensante, abusive ou inappropriée. L’élément culturel n’est habituellement pas adopté de façon permanente par la personne ou le groupe de personnes qui l’utilise ». Maintenant que nous avons défini l’appropriation culturelle, je suis du même avis que madame Udy, car je trouve qu’utiliser des éléments d’une culture sans connaître son histoire fait en sorte que l’élément est utilisé de façon inappropriée. Pour reprendre l’exemple de madame Udy, les coiffes amérindiennes qui possèdent une histoire en arrière pour simple déguisement, alors qu’il y a des personnes qui font partie de la culture qui sont discriminées pour ce qu’ils sont. Tandis qu’une autre utilise justement des parts de cette culture parce que c’est considéré comme « cool ». Vanessa Udy dit : « Ne pas respecter les signes et symboles d’une culture, les utiliser n’importe comment, c’est en nier la valeur et, par définition, c’est nier la dignité de ceux pour qui cette culture constitue le fondement de leur identité. ». Comme il est mentionné dans la définition donnée par l’Office québécois de la langue française et par les propos de madame Udy, le problème n’est pas l’utilisation d’un élément de la culture, mais plutôt la sur-utilisation ou la mauvaise utilisation. C’est pour cela que je trouve que le terme appropriation culturelle est mal choisi. En effet, ce n’est pas de l’appropriation, mais plus une mauvaise utilisation de la culture donc pour moi le concept est réel, mais c’est plutôt le nom donné à ce concept qui pourrait porter à confusion ou encore qui comporte une dimension accusatrice qui peut nuire au dialogue.

Argument de la partie inverse


Bien que je suis du même avis que madame Udy, Stéphane Vibert, de la partie adverse a des arguments qui portent à réflexion par exemple, lorsqu’il dit : « […] il n’en reste pas moins que la dénonciation de l’“appropriation culturelle” conduit à des effets pervers : [comme] une division de la société en groupes fermés, exclusifs et absolutisés, qui conduit à une ségrégation symbolique et factuelle, soit l’inverse du but recherché. […] Un usage confus et manichéen de l’opposition dominé/dominant. […] L’instrumentalisation d’un principe de “propriété” […] » Je dois avouer que M. Vibert marque un point. En effet, par peur d’être critiqué ou d’être accusé d’appropriation culturelle, il y aura une abstinence ou un silence/repli envers les autres cultures. Si personne ne s’intéresse ou ne va vers la culture des autres, il y aura un renfermement sur soi. Ce qui va créer une ségrégation entre les différentes cultures. Ensuite, l’instrumentalisation d’un principe de propriété, en effet appropriation c’est l’action de faire sa propriété de quelque chose alors que la définition de l’appropriation culturelle est d’utiliser et non de faire sa propriété des éléments d’une culture qui n’est pas la sienne. Puisque ce que nous recherchons en tant que société est l’unification et non la séparation, la notion d’appropriation vient mettre un bâton dans nos roues. Dans le point de vue de M. Vibert, c’est vrai que l’appropriation culturelle peut paraître à ce qu’elle ralentit l’avancement d’une société unie. Mais comme dit M. Vibert lui-même : « Bien-entendu, c’est en radicalisant la logique du phénomène qu’apparaît tout le ridicule de la chose s’il se généralisait […]. 

En somme, l'appropriation culturelle, bien que mal nommée, mérite beaucoup plus d'attention que l'on pourrait être porté à croire, peu importe votre point de vue sur le sujet. Elle peut être offensante, blessante et même rouvrir les plaies d'une culture face à des abus et oppressions subis dans le passé comme dans le cas du port de la coiffe amérindienne par une personne d'une culture extérieure. Elle peut être aussi dangereuse et mener à des idéaux extrémistes de protectorat; mon meilleur exemple serait le projet projet de loi 21 actuellement au Québec. Ce qui ouvre le sujet sur la laïcité qui sera discuté dans mon prochain article. Mais avant cela, que pensez vous de l’appropriation culturelle? Je vous attends en grand nombre sur le forum de Laïus ;) .

https://www.laiuscafebar.com/forum/suite-aux-articles-1/l-appropriation-culturelle-un-concept-mal-nomme



L'appropriation culturelle, est-ce bien grave? (2017-2018). Argument, pp 85-99.

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