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Le langage du café

Mis à jour : 15 janv. 2019


Je me qualifie comme étant une consommatrice moyenne de café. Cela veut dire que je ne dois pas boire une tasse de café obligatoirement dès que je sors mes pieds de mon lit douillet pour pouvoir faire fonctionner toutes mes neurones le matin et je ne fuis pas toutes les offres de café possible avec un regard semi-dégoûté en sortant le classique « je préfère le thé ». J’aime profiter d’une bonne tasse de café lorsque mon corps a une soudaine envie pour de la caféine.


Lorsque ma grand-mère m’a introduite cette boisson ancestrale, je ne comprenais pas comment les « adultes » faisait pour ingérer cela. Me voilà quelques années plus tard, dans mon début vingtaine, amante du café noir; le sucre et le lait ne font plus plaisir à mon palais de jeune adulte. Et c’est à ce moment que j’ai compris qu’il y avait eu une transformation en moi. Ce retournement de situation avait entraîné une des plus grandes questions existentielles que je n’avais jamais eues : depuis quand le café existe dans ma vie ? Après une courte réflexion, j’ai pu constater que le café a été présent dans ma vie depuis toujours. Non seulement, il faisait partie de ma vie, mais il était un moyen de communication auquel je ne m’étais pas tardé. Laissez-moi vous expliquer.



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Les premiers souvenirs que j’ai du monde du café, c’est les visites chez des amis de la famille avec mes grands-parents. Lorsque l’on allait dans une casa ajena (c’est une expression latino-américaine qui veut tout simplement dire une maison qui n’est pas la tienne où tu dois respecter une certaine étiquette), on entrait respectueusement et on enlevait nos chaussures. Peu de temps après être entrés, le dîner ou le souper était servi et tout le monde s’asseyait à table. Après une prière et un buen provecho (bon appetit), tout le monde s’attaquait au repas. Mes grands-parents se mettaient à jour avec leurs amis entre une bouchée de pescado frito (poisson pané) et une bouchée de tortilla (une galette plate à base de farine de maïs). Ils parlaient des nouveaux événements dans leurs vies et prenaient des nouvelles de la famille tel que le prochain mariage d’un cousin ou d’une cousine.


Après que tout le monde finalisait son repas, tout le monde attendait avec impatience la fameuse phrase : ¿ quieren cafecito ? (voulez-vous une tasse de café?) qui suivait presque toujours par un ¡si pues! (bien sûr!). Puis, c’est à ce moment-là qu’on savait que la vraie discussion allait commencer. Maintenant, en plus de savoir si le cousin ou la cousine allait se marier, on allait aussi savoir si les parents étaient d’accord avec le mariage ou pas. Et oui, los chismes (les potins) allaient commencer et être suivis par les bonnes blagues de papa. On allait avoir le droit aux plus grandes anecdotes de vie telles que la fois où grand-papa à donner son premier bisou à grand-maman ou la fois où grand-papa s’est fait courir après un coq, car il n’arrêtait pas de lui lancer des roches. Parfois, c’était plus triste, car on apprenait comment grand-papa a dû marcher entre les décombres et les cadavres lors de la guerre entre El Salvador et le Honduras en 1969.


Toutes ces conversations se faisaient autour d’une bonne tasse de café et de un pan dulce (pain sucré). D'une manière ou d’une autre, c’est avec le café qu’ils se laissaient aller dans les discussions. Mais encore? Ce que je veux vous faire comprendre ici, c’est le moyen de communication que les «adultes» utilisent grâce au café. Lorsque l’ami qui accueille propose une tasse de café, il invite la personne à rester encore plus longtemps chez lui et partager des discussions et des moments. S’il n’invite pas une tasse de café, c’est parce que, poliment, il indique la fin de la soirée ou de la visite. C’est la même chose pour l’ami qui visite. Lorsqu'il accepte l’invitation (à boire une tasse de café) c’est qu’il acquiesce à partager également des discussions et des souvenirs. S’il n’accepte pas le café, il indique gentiment qu’il va se retirer de la table et partir en espérant les revoir bientôt. C’est un moyen de communiquer non explicitement ses désirs (et les latinos sont des experts dans la communication non-explicite après les asiatiques bien sûr).[1]


Un autre exemple c’est lorsque las tías (les tantes) se réunissent. Elles pouvaient jaser pendant longtemps, mais los niños (les enfants, plus précisément les cousins) savaient que si l'une d’entre elles proposaient une tasse de café, on avaient encore une ou deux heures avant de partir, car la discussion était loin d’être finie. On pouvait jouer encore ensemble, car rien ne nous pressait.






Santé


La santé? Comment ça se fait? Et oui, laissez-moi vous rafraîchir un peu la mémoire. Rappelez-vous des périodes durant les mois de décembre et d’avril-mai ? Ces périodes où on essaye d’entrer entre 250 et 350 heures d’informations en seulement 1 semaine (168 heures). BIEN SÛR QUE JE PARLE DES MI-SESSIONS ET DES FIN DE SESSIONS.


Je dois faire une confession ici. Lorsque je suis entrée dans ce merveilleux établissement scolaire (le cégep), j’ai foncé sur un mur de brique à 160km/heure. Le rythme scolaire était beaucoup plus vite de mes expériences précédentes et les temps d’études étaient beaucoup plus longs. Rapidement, la fatigue s’est faite sentir et il me fallait un moyen infaillible qui allait m’aider à traverser cette période de ma vie. C’est à ce moment que le café est devenu mon meilleur ami pour deux raisons.


D’abord, boire cette boisson magique me permettait de me rendre à mon cours de 8h00 le matin et de finir en force mes dernières prises de notes de mon cours qui finissait à 18h00 et ce parfois dans la même journée et elle me permettait de faire un petit check-in de ma santé mentale. En effet, c’est vers la fin du secondaire et le début du cégep que j’ai commencé à développer un petit trouble anxieux (causé en partie par ces derniers). Puis, lorsque des périodes très stressantes comme les périodes d’examens arrivaient, je pouvais perdre les pédales sans trop m’en rendre compte. Toutefois, ce qui m’aidait à savoir le niveau d’anxiété que j’avais, c’est lorsque je buvais du café. Si après 10 minutes d’avoir bu une tasse de café je commençais à avoir des palpitations cardiaques un peu plus rapides que la normale, alors je savais que j’étais vraiment dans une période d’anxiété ardue et que ce n’étais pas une tasse de café que j’avais de besoin. Ainsi, je prenais d'autres mesures pour me venir en aide.


Bizarrement, c’est le deuxième moyen de communication que j’ai trouvé grâce au café. Il aidait à me communiquer avec mon propre cerveau. Je ne vous conseille pas de garder cette méthode longtemps, mais lorsqu'il s’agit de faire les premiers pas avec la santé mentale, n’importe quelle petite méthode peut vous aider. Attention, cela ne veut pas dire que je ne vous conseille pas de consulter un professionnel. Au contraire, si vous pensez que vous en avez de besoin, je vous pousse fortement à chercher cette aide sans aucune honte.






Il pourrait avoir d’autre moyens de communications grâce au café. Bien sûr, on a tous déjà invité un(une) ami(e) à prendre une tasse de café, car on voulait passer plus de temps ensemble. On a peut-être déjà invité quelqu'un (ou s’est fait invité par quelqu'un) à boire une tasse de café, car on avait un intérêt pour cette personne et on voulait mieux se connaître. Cependant, les deux moyens de communication dont je vous ai parlé sont ceux qui ont le plus influencé ma vie jusqu'à présent et dont je voulais vous parler.


Je sais que plusieurs d’entre vous pensent «ben voyons moi je prends ma tasse le café le matin parce que sinon je ne fonctionne pas, point, je ne vais pas chercher une explication plus loin que ça.» Vous avez raison, la majorité du temps, c’est ce qu’on fait, mais je vous invite à prendre le temps de prêter plus d’attention à vos actions quotidiennes et celles des autres et vous découvrirez un nouveau langage que vous négligiez jusqu'à aujourd'hui. Il n'y a pas que les langues classiques ou les langues vernaculaires pour se communiquer. Il existe une panoplies de moyen de communication. Vous remarquerez également que de simples actions vont prendre un différent sens et vont vous aider à contempler la beauté des relations humaines, de la communication et de la vie.



« Entre,

ce que je pense,

ce que je veux dire,

ce que je crois dire,

ce que je dis,

ce que vous avez envie d'entendre,

ce que vous croyez entendre,

ce que vous entendez,

ce que vous avez envie de comprendre,

ce que vous croyez comprendre,

ce que vous comprenez,

il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer.

Mais essayons quand même... »

-Bernard Werber




[1] Si vous voulez en savoir plus sur la communication explicite et non-explicite, faites-le moi savoir et je vous en parlerais davantage.

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